Grace de Monaco de Olivier Dahan

Holà, chers cinéphiles ! En tant que Grand Prophète du Cinéma, Cinéaddict se doit, encore une fois, de vous faire partager l’évènement que vous attendez tous – l’évènement qui vous emmène ailleurs, qui vous emmène…plus loin ! Eh oui, lorsque le soleil sort, que les plages se remplissent, et que les paillettes s’envolent, entendez-vous chanter les doux vents du printemps cannois ? Entendez-vous ce qu’ils vous susurrent à l’oreille ? « Festivaaaal de Caaaannnes ! » Oui, c’est bien eux, vous ne rêvez pas ! En ce parfait, en ce savoureux 14 mai 2014 s’ouvre la 67e édition du festival de Cannes, et ce avec le film dont tous parlent déjà : Grace de Monaco, d’Olivier Dahan.  Enfin bon, avant d’entamer notre petit pavé de tergiversations pseudo-professionnelles à visée purement critique (on y croit), il serait judicieux de vous faire part d’une petite précision à propos du titre, qui pourrait prêter à confusion. Il ne faut en effet pas attendre de ce film qu’il nous dresse une biographie complète, exacte et précise, de notre chère Princesse, dont la vie a été salement réduite à …quelques mois. Le réalisateur n’en a en effet sélectionné qu’une très courte partie, prétendant d’autant plus que cette dernière, revisitée par ses soins, n’est rien de plus qu’une « fiction inspirée de faits réels »! Quoi qu’il en soit, on ne va pas se mentir : il n’y a pas grand-chose de vrai dans les évènements relatés dans ce film, ou du moins, pas grand-chose qui n’ait pas été fortement déformé et arrangé au gré du réalisateur.  Cela dit, bien que tout le monde prenne apparemment à cœur de recenser toutes ses inexactitudes, nous ne nous attarderons pas sur ces dernières (la famille princière s’en est elle-même déjà chargée, il me semble), et traiterons ce film en tant que fiction, en tant que démarche artistique, puisque c’est ce qu’il est, et non pas en tant que démarche historique !

 

Bref, tout commence six ans après le mariage de Grace, moment à partir duquel celle-ci va choisir de se dévouer, intégralement, à sa vie de famille et à sa vie princière. De ce fait, lorsqu’Alfred Hitchcock débarque au palais pour lui proposer de jouer dans Pas de printemps pour Marnie, il va provoquer en elle l’apparition d’une terrible indécision, d’un véritable conflit intérieur, entre une Princesse Grace débordée et épuisée, notamment par les tensions qu’entretiennent la principauté et la France, et l’ombre d’une Grace Kelly qui semble petit à petit disparaître sous le poids des multiples obligations de la première. Aussi assiste-t-on aux constantes hésitations de celle-ci, qui semble en permanence osciller entre ces deux facettes de sa personnalité et qui voit tour à tour passer sur son visage la frustration profonde, puis la résignation forcée. Ainsi, si tel était le but du réalisateur, si la mise en scène du doute par lequel la Princesse se voit écrasée était sa motivation première, alors le resserrement de l’intrigue à cette petite partie de sa vie, bien que frustrant, était tout de même particulièrement judicieux. D’autant plus que cela ne l’empêche pas de nous rendre des images splendides d’un Monaco plus que jamais vivant, et pourtant si près du désastre, et ce à travers des plans travaillés, soignés à la perfection, des couleurs vives, puis sombres, puis vives, puis tout simplement changeantes au gré des scènes, au gré des hésitations d’une Princesse qui ne sait si sa carrière d’actrice devrait être laissée derrière elle ; mais surtout d’une Princesse Grace dont l’élégance, la prestance, ne rendent la dualité qui l’écrase que plus sublime, ce qu’elle doit avant tout au merveilleux jeu d’acteur de Nicole Kidman.

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Categories : cinéma